Interview : Comment Stéphanie aide les personnes atteintes du cancer grâce au yoga adapté !

Bonjour chers lecteurs,

Voici la seconde interview pour mon blog avec cette fois-ci, Stéphanie, professeure de yoga adapté à Saint Médard en Jalles et également à la Maison Rose de Bordeaux. Découvrez vite cette très belle interview !

Mélanie me demande de me présenter.

Je m’appelle Stéphanie, j’ai 54 ans.

J’ai commencé la pratique du yoga à 17 ans.

C’est un très bon allié, très efficace, qui m’a aidée, voire soutenue toute ma vie.

Je l’enseigne depuis 9 ans à travers des cours « ordinaires ».

L’année dernière j’ai passé un D.U. (diplôme universitaire) de « Yoga Adapté » dans un objectif de santé. Depuis j’organise à la Maison Rose à Bordeaux des cours pour les femmes atteintes d’un cancer.

Et j’ai découvert que c’est ce que je voulais faire : proposer ces outils multiples et très efficaces avec un objectif de santé mentale et physique à des personnes qui n’y seraient peut être pas venues si  on n’allait pas vers elles.

Je continue avec plaisir et grand intérêt à me former : yoga thérapeutique, yoga et ayurvéda.

Et ainsi je peux enrichir cette pratique que je transmets.

J’adore ce que je fais. J’espère continuer longtemps à transmettre de cette manière.

Je propose le même type de cours dans le centre de Bordeaux dans la belle salle du « Social Club ».

D’autre part, je donne des cours chez moi, à St Médard en Jalles, à des petits groupes, 1 ou 2 fois par semaine.

Mélanie me demande d’expliquer ce qu’est le « Yoga Adapté » et dans quelles circonstances le pratiquer.

Pour cela, il me faut d’abord expliquer ce que c’est que le yoga !

Pour être très rapide disons que c’est purement du développement personnel.

En « langage yogique » on dirait que le yoga à pour objectif la libération des souffrances par la connaissance de soi.

C’est plutôt rebutant vu comme ça !! En fait la pratique du yoga n’est pas rebutante, au contraire. Elle fait du bien, beaucoup de bien, je dirait même, elle apaise la vie.

Le yoga peut être vécu comme un cheminement qui passe par une pratique régulière, voire quotidienne.

Ce cheminement se fait par le corps ; ce sont les asanas ou postures que tout le monde connaît de près ou de loin.

Puis très vite on recherche le lien entre le corps (postures) et l’esprit (méditation) à travers la respiration.

Et voilà, vous avez le schéma global.

Donc concrètement, dans un cours, on pratique postures, respiration, relaxation puis la méditation. Bien sûr tout cela se pratique avec conscience et écoute de soi.

Sans cela on fait de la gym, ce qui est bien aussi.

Mais sans intériorisation, pas de yoga !

Pas besoin d’être souple, on s’en fiche, ce qui compte le plus ce n’est pas ce que l’on fait (sans se faire de mal bien sûr) mais comment on le fait.

Ce que je propose avec le Yoga Adapté c’est l’utilisation de certaines de ces pratiques avec des objectifs liés aux problématiques des personnes à qui je transmets.

Par exemple si la personne ne dort pas bien, je lui proposerai des postures, respirations et relaxations qui vont lui permettre d’améliorer son sommeil.

Ici l’objectif premier n’est plus complètement la connaissance de soi mais la résolution des problématiques des personnes. Néanmoins cela reste du yoga, même si la pratique diffère un peu d’un cours habituel.

Ici dans le cadre du Yoga et cancer, ce qui est rechercher c’est la mise en condition du corps et de l’esprit pour une meilleure guérison (état d’esprit positif, dynamisme, se réapproprier son corps, diminuer les douleurs …) afin d’augmenter l’efficacité des soins et de les mieux supporter.

Le yoga accompagne les personnes sur le chemin de la guérison (détente, déstressant, diminue la fatigue, redonne confiance en soi, de l’énergie et du plaisir à bouger et sentir son corps …) et est donc complémentaire des soins reçus par ailleurs.

On peut commencer la pratique du yoga à tout moment ; avant, pendant après la maladie.

Le plus tôt étant le mieux, bien sûr.

Ça sera aussi un très bon allié pour éviter toute récidive. Pour retrouver son équilibre dans sa vie.

Pour toute pratique du yoga dans toutes les circonstances, mieux vaut suivre des cours pour ne pas passer à coté de l’essence même du yoga et pour ne pas risquer de se faire du mal.

Rien n’empêche à côté d’avoir une pratique personnelle, au contraire, c’est même vivement conseillé.

Par contre n’espérez pas trouver aisément la pratique du yoga à l’hôpital. Cela existe mais reste extrêmement anecdotique. Par contre je suis persuadée que cette pratique se développera à l’avenir dans nombre de services comme la psychiatrie, la cardiologie, en cancérologie, les services traitant les diabètes …

En effet l’efficacité du yoga, dans ces différents domaines, est déjà connue dans plusieurs pays et ne tardera pas à séduire nos médecins hospitaliers.

Mélanie me demande ce que j’aimerais dire aux personnes qui découvrent qu’elles ont un cancer.

Quand on est malade il faut trouver les bonnes solutions pour guérir, celles qui feront plus de bien que de mal et qui mènent vers la guérison. Il s’agir d’une guérison physiologique (celle vérifiable avec des examens, des chiffres) bien sûr. Mais ça n’est pas la seule.

N’oublions pas la prévention, la vraie prévention et non pas le dépistage qui n’a rien a voir avec la prévention.La prévention elle, consiste a faire en sorte que la maladie n’apparaisse pas, c’est à dire que l’équilibre de la personne soit maintenu le plus possible malgré tout ce qui rompt cet équilibre chez un être humain.

Donc, qu’est ce qui fait que quelqu’un voit, malgré lui, sans même s’en rendre compte, son équilibre rompu ?

Les corps/notre corps

Les facteurs sont nombreux mais une chose est à ne pas perdre de vue c’est que cette personne est un être humain. Or, un être humain est une globalité qu’il ne faut pas prendre en compte par « morceaux » mais dans son intégralité.

Dans le système du yoga, ces « morceaux » ou « dimensions de la personne » sont les différents corps qui nous composent ; le corps physique, énergétique, mental/émotionnel, intuitif, et celui qui nous relie au « divin », au sacré.

Ce que je cherche à faire comprendre ici c’est qu’il faut prendre en compte l’ensemble de ces facettes et non pas une seule, le corps physique. Que cela nous plaise ou non, pour une vraie guérison, on se doit d’« aller voir partout ». Nous sommes des êtres humains à plusieurs facettes et non pas des machines qu’il suffit de réparer !

Tous ces corps sont en interrelation les uns avec les autres. Donc si il y a déséquilibre dans un de ces corps, tous les autres corps seront perturbés par ce déséquilibre.

Par exemple, suite à une forte émotion, le corps mental sera déséquilibré avec une irritabilité par exemple.  Il peut s’en suivre une perturbation dans le corps  énergétique comme une grande fatigue,  et une perturbation du corps physique qui alors « ouvre » la porte aux microbes, avec par exemple le déclenchement d’un rhume.

Vous connaissez bien sûr tous ces phénomènes, mais la compréhension des liens entre les différentes manifestations en nous, de ces corps est importante. Cela permet de comprendre le lien entre les phénomènes ainsi que le pourquoi du déclenchement d’un rhume dans notre exemple.

La compréhension du déclenchement d’un rhume que nous avons généralement est essentiellement physiologique ; microbes … Dans cet exemple, certes, il y a des microbes en jeu, mais pas seulement. L’émotion est à l’origine du rhume et perturbe tous les aspects de la personne (fatigue, irritabilité …).

Donc soigner le rhume c’est nécessaire. Mais « soigner » l’émotion est beaucoup plus logique et permettra que le rhume se guérisse plus vite et mieux, et ne revienne plus, ou alors pas pour la même cause.

Et là, on est dans la réelle prévention et la non-récidive.

D’autre part il est à noter que notre corps physique a une mémoire extraordinaire. D’ailleurs certains ostéopathes « sentent » dans notre corps certains événements marquants de notre vie.

En effet, celui-ci garde, logé dans nos tissus, sous forme de tensions, nœuds, contractions … tous ces événements « traumatisants » ou mal vécus. Au fils des années si nous ne les « soignons » pas cela peut aboutir à la maladie.

Certains parlerons plutôt d’information ou d’énergie qui ne circule pas. Souvenez-vous, tous nos corps sont en liens les uns avec les autres !

Tout cela revient au même ; nous vivons mal des événements et ne prenons pas le temps de « nettoyer » notre corps des déchets que ces événements laissent en nous.

Nous faisons pourtant la lessive lorsque notre linge est sale !

Au fil du temps, cela nous fait souffrir et nous rend plus fragiles, susceptibles aux événements de la vie.

Soigner notre corps énergétique ou mental, pour prendre en compte les déséquilibres du corps physique, tout en respectant la personne dans sa globalité, est indispensable.

Cela n’est malheureusement pas toujours fait dans nos systèmes de soins.

Prévention

Dans le système du yoga on nous explique que nous, êtres humains, sommes nourris par ce qui nous vient de l’extérieur.Trois phénomènes nous « pénètrent » et sont susceptibles de nous déséquilibrer.

Il s’agit tout d’abord de notre nourriture physique.

Puis ce sont les nourritures que nous apportent nos sens. Les sons, les odeurs, les goûts, les sensations du toucher et les images de la vue.

Et enfin, nos relations avec les personnes qui nous entourent.

Ces 3 types de nourritures doivent être soigneusement sélectionnés et choisis dans un but de respect de soi et de sensation de bien-être. Ne prenez pas ces nourritures à la légère car elles nous impactent profondément et sûrement bien plus que nous ne le pensons. Elles sont à l’origine de certains déséquilibres de nos corps (voir ci-dessus).

Cela demande que l’on prenne le temps de s’observer suite à « l’absorption » d’une de ces nourritures et de prendre conscience des effets de cette nourriture sur soi.

« je termine mon repas par des fruits ou un café et je me sens un peu barbouillée. »

« Je viens de passer 1 heure avec cette amie et je me sens fatiguée ou bien stressée. Elle n’a fait que parler et je ressens de la frustration car je n’ai pas pu exprimer de ce qui me préoccupe. »

« A chaque fois que je rends visite à ces gens là, je suis malade. »

« Après les courses dans ce super marché où il y a beaucoup de bruits et de monde, je me sens vidée. »

S’écouter, c’est ce qu’il faut faire pour percevoir ce que nous « dit » notre corps.

S’écouter n’est absolument pas quelque chose que l’on nous apprend à faire.

On craint plutôt d’être mal vu à trop se préoccuper de sa propre personne.

On se souvient plutôt avoir entendu « tu as mal c’est pas grave, continue, n’y pense pas, arrête de t’écouter … ». N’y a-t-il pas là une sorte de fierté mal placée ?

Dans certains cas, il faut savoir s’écouter et se respecter, sinon, à force, le corps se fera entendre de façon plus percutante.

Il se peut aussi que dans certains cas, de façon inconsciente, on ait peur de ce qu’on pourrait « entendre » de notre corps et du coup, on préfère ignorer les signes.

Toxines

Voici le dernier point que je souhaitais aborder. Il concerne notre corps physique.

Notre corps a une belle capacité d’auto-nettoyage ou d’élimination des toxines et des déchets :

ceux qu’il fabrique lui-même par la digestion ou la respiration par exemple,

et ceux que nous absorbons et qui nous viennent donc de l’extérieur,

dans notre alimentation (pesticides ..),

la prise des médicaments,

respiration d’un air vicié,

ce que l’on dépose sur notre peau car celle-ci est extrêmement perméable (crèmes ..)

des émotions fortes, le stress etc.. sont aussi générateurs de toxines dans le corps.

Cet excès de toxines encrasse l’organisme, peut le rendre trop acide et être à l’origine de certaines maladies. Ici aussi l’équilibre intérieur est rompu.

Fonctionner demande plus d’efforts à l’organisme, il a besoin de plus d’énergie (fatigue) pour assurer ses divers fonctions et sera néanmoins moins efficace !

Petit à petit, il peut même finir par avoir du mal à fonctionner.

Comment l’organisme s’y prend-il pour éliminer les toxines et déchets et se nettoyer ?

Par ses émonctoires, ses organes d’élimination de ce que l’on appelle aussi les humeurs.

Ce sont la peau, elle respire et permet la transpiration et par ces biais l’élimination.

Les poumons par la respiration.

Intestins par l’élimination des selles bien sûr.

Le foie qui nettoie notre sang.

Et enfin les reins qui éliminent les liquides.

D’autre part, ces toxines peuvent parfois être difficiles à déloger.

Et quand elles sont en trop grand nombre il est important de mobiliser toutes les articulations et de faire fonctionner le plus de muscles possible.

On comprend pourquoi il est si important d’avoir une « bonne hygiène » de vie.

Bien respirer en faisant un travail respiratoire approprié.

Manger sainement et bouger pour avoir une bonne élimination au niveau du gros intestin.

Prendre garde à ne pas encombrer le foie avec des aliments ou autres, qui le stimuleraient trop, qui l’engorgeraient.

Boire suffisamment d’eau (les boissons sucrées ne nettoient rien, au contraire) pour nettoyer les reins.

Un nettoyage des émonctoires est conseillé régulièrement pour pour un fonctionnement optimum.

Si vous en êtes arrivé à cette phrase, bravo, c’est que vous avez lu tous ces propos.

Peut-être aurais-je alors contribué à une meilleure compréhension de notre fonctionnement pour une meilleure gestion de ce que les bouddhistes appellent, notre véhicule.

Si vous souhaitez mettre en place certains des conseils donnés ci-dessus, alors consulter thérapeutes, naturopathes … et cours de yoga, bien sûr !!

Stéphanie

Enseignante de yoga

stef.loy@hotmail.fr

 

Merci à Stéphanie d’avoir partagé son activité avec nous !

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