Interview : Comment Anne a vaincu son cancer du côlon et sa récidive aux poumons !

Chers amis, famille, lecteurs, kikis et cocos,
je suis heureuse de vous annoncer le lancement de la section interview qui viendra, je l’espère, s’enrichir rapidement des témoignages d’espoir et des interviews de spécialistes pour aider les personnes atteintes d’un cancer.
Aujourd’hui, j’ai le très grand plaisir d’accueillir Anne, ma voisine et amie qui m’a fait découvrir la méditation. C’est l’une des toutes premières personnes vers lesquelles je me suis tournée à l’annonce de mon diagnostic, pressentant qu’elle ferait partie de ma « dream team » de guérison.
Lisez son témoignage, et vous comprendrez pourquoi 🙂
1 ) Bonjour Anne. Peux-tu te présenter brièvement ?
Je m’appelle Anne Soulé. J’ai 66 ans et je suis retraitée de l ‘Éducation Nationale ( professeur d’histoire/géographie). J’habite à Saint Médard en Jalles dans la banlieue bordelaise ( France ).

En 2008, alors que j’étais encore en activité, j’ai été opérée en urgence d’une tumeur à l’intestin.

En 2012, j’ai été opérée d’une récidive au poumon.

2 ) Comment le cancer a-t-il été découvert ? Quelle a été ta réaction ?

Avant ma première opération, j’ai terriblement souffert. J’ai commencé à avoir mal au ventre à partir du mois d’octobre 2007, tous les matins entre 7h30 et 8h30. Or les cours commençaient à 8h15 …

La situation s’est aggravée fin mars. Je ne mangeais plus, je vomissais … Une nuit, mon mari a appelé une ambulance qui m’a amenée aux urgences de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux. J’ai été très mal accueillie : l’infirmier m’a traitée de comédienne et le docteur m’a appuyé sur le ventre au moment d’une crise. Je lui ai demandé d’attendre un peu mais il n’en a pas tenu compte. Puis ils ont disparu tous les deux. Au petit matin, le docteur qui a pris son service a regardé les radios prises dans la nuit et a décidé que je souffrais de gaz intestinaux. Elle m’a renvoyée chez moi.

Deux nuits plus tard, mon mari a appelé SOS Médecin . Un jeune homme très efficace est arrivé. Il m’a fait une piqure de calmant puis il a dit à mon mari de me conduire quelques heures plus tard à l’Hôpital Saint André, spécialisé dans les problèmes intestinaux.

L’accueil fut très différent, des gens aimables, attentifs et à l’écoute. Mais au bout de plusieurs examens, le résultat fut le même : rien de grave, vous rentrez chez vous.

Alors je me suis fâchée et j’ai refusé de rentrer. L’interne m’a alors dit que j’allais passer un scanner. *Voir note 1

Et là, tout est allé très vite. Le diagnostic est tombé : occlusion intestinale et  tumeur du colon. L’opération allait avoir lieu en urgence.

Ma réaction : j’étais très contente qu’un diagnostic ait été fait. Mais n’ayant jamais été malade, avec une peur bleue des anesthésies, j’étais convaincue que j’allais mourir. Mais curieusement j’étais quand même très contente.

3 ) Quels ont été les traitements préconisés par ton oncologue ? Ont-ils changé en cours de route ?

Mon oncologue, le Dr Smith m’a dit qu’il envisageait « une chimiothérapie adjuvante de type FOLFOX » sur 12 séances. Mais il m’a demandé si je voulais tester de nouveaux produits. J’ai accepté mais après un tirage au sort, je n’ai pas été choisie.

Les 12 séances ont eu lieu et un médecin adaptait les produits à chaque séance en fonction de mes réactions aux produits..

4 ) Quels ont été les effets secondaires les plus difficiles pendant les différents traitements ? Ont-ils perduré ensuite ?

J’ai eu un gros malaise après la deuxième chimio. L’infirmière qui s’occupait de moi avait accéléré le passage du produit. Ce fut le moment le plus pénible de toutes mes maladies.

A la suite de ça, je restais jusqu’à 18h alors que les autres patients partaient tous vers 15h.

J’ai également eu des aphtes très douloureuses. Mais je reconnais que je n’avais pas pris les médicaments conseillés de manière préventive. Quand les aphtes sont apparues, c’était trop tard.*Voir note 2

Et j’ai eu des paresthésies aux mains et aux pieds. Du coup, pour les deux ou trois dernières chimios, je n’avais plus qu’un des deux produits.*Voir note 3

Aujourd’hui, je n’ai pratiquement plus de paresthésies aux mains mais il en reste aux pieds. Cela ne me gêne pas.

5 ) As-tu arrêté de travailler ? Si oui, à quoi ressemblaient tes journées en dehors des rdv pour les traitements ?

Quand je me suis réveillée de ma première opération, Michel et Benjamin m’ont dit que, jamais, je ne retournerai travailler.

C’était la plus belle chose que je pouvais entendre. Comme je n’étais pas morte, je me suis dit que je passerai cette nouvelle vie dont on me faisait cadeau, à méditer et à progresser dans le bouddhisme.

En fait, j’ai enchaîné les congés de maladie et la retraite.

En dehors des journées de chimio à l’hôpital et les journées de chimio à la maison, c’était comme être en vacances mais sans copies à corriger et sans cours à préparer. Ensuite, la fatigue augmentant, je passais mes journées à somnoler.

Pour la seconde opération, j’ai beaucoup souffert pendant trois semaines mais c’était normal. Le chirurgien m’avait prévenue que cela durerait un an. Mais en méditant, j’ai retrouvé rapidement une respiration normale et la souffrance a disparu bien plus vite que prévu. *Voir note 4

A ce moment-là, j’étais déjà en retraite. La différence, c’est que cette opération m’a laissé des moments de très grande tristesse. Cela se soigne très bien par l’acuponcture. Mais jusqu’à présent, j’ai toujours essayé de gérer ce problème avec la méditation.

6 ) Parle-nous un peu de l’opération. Comment ça s’est déroulé pour toi ?

Durant ma première opération, mon ventre a été ouvert de la poitrine au pubis. Le chirurgien pensait que j’étais perdue, alors il n’a pas fait dans le détail. Mais après l’opération j’ai été bien soignée question souffrance. Je disposais même d’une pompe à morphine.

Par contre, en me posant une sous-clavière ( très pratique parce que j’avais les bras libres ) on m’a fait un pneumothorax.

Et puis aussi, durant l’opération, le chirurgien a blessé ma rate et a dû me l’enlever. Conséquence : un an d’antibiotique !

Pour que mes intestins puissent cicatriser, on m’a fait une stomie et j’ai dû porter une poche pendant un an.

Mais globalement, je n’ai vraiment pas beaucoup souffert.

Ce fut pareil pour la seconde opération. Comme je devais avoir de la kiné respiratoire, on m’a fait une péridurale. Du coup, je n’ai vraiment pas souffert durant mon séjour à l’hôpital.

7 ) Qu’est-ce que tu as changé dans ta vie après l’annonce du cancer ?

Après ma première opération j’ai arrêté de travailler et j’ai donc pu me consacrer aux activités qui me plaisaient   comme broder, tricoter, lire et surtout méditer et étudier la philosophie bouddhiste.

J’ai utilisé toutes ses activités pour me détendre, voir la vie différemment et ne plus me stresser.

8 ) Selon toi, qu’est-ce qui a pu engendrer cette maladie ? (hygiène de vie, alimentation, pollution, choc émotionnel, psy…) ?

A partir de ma mutation au lycée Sud Médoc, j’ai eu tellement de travail que j’ai atteint des degrés de fatigue inimaginables. Il m’arrivait parfois de ne dormir que deux heures par nuit. Cela a duré 13 ans..

A l’automne 2007, j’ai eu deux chocs émotionnels et la douleur abdominale est apparue.

Quant à la deuxième opération, j’ai eu une grosse contrariété en janvier 2011 et en septembre, un scanner de contrôle a révélé un problème au poumon.

9 ) Qu’est-ce que tu as mis en place, concrètement, pour accompagner ta guérison, en plus des traitements à l’hôpital ?
Rien. Je suis végétarienne et je mange bio le plus souvent possible depuis 30 ans. Mais surtout je médite tous les jours.

10 ) Si tu devais comparer ta vie et ta vision de la vie aujourd’hui par rapport à AVANT ?

Avant, je vivais comme si j’étais immortelle.

Maintenant, je profite de chaque instant qui passe en ayant conscience de son aspect précieux.

J’ai aussi beaucoup réfléchi à la notion de la mort. J’ai apprivoisé la mort et maintenant je suis sereine. Et pour moi, c’est une grande force.

11 ) Un petit mot pour les personnes qui découvrent qu’elles ont un cancer ?

Le cancer, on en guérit !

Au début, je ne le savais pas. Je fais partie d’une génération où nous avons été abreuvés de films sur des gens malades du cancer qui ne guérissaient jamais. On ne fait pas de film sur les gens qui guérissent.

Quand j’ai été malade, j’ai découvert que de nombreuses personnes autour de moi avaient eu des cancers quand ils étaient plus jeunes.

Alors j’ai compris que je pouvais triompher du cancer.

Cette idée ne m’a pas quitté même quand j’ai eu une récidive.

Je crois que chacun a sa façon de réagir. Mais il existe en chacun de nous une force de vie qu’il faut savoir écouter.

Dernier conseil : la maladie rend égocentrique. Il est bon; pour la guérison; d’avoir conscience de tous les êtres qui souffrent comme nous et leur souhaiter du bien.

Une dernière info pour le plaisir : en janvier 2017, je rencontre mon oncologue pour la dernière fois. Ensuite, je suis considérée « en rémission ».

C’est sûr, nous allons lui amener le champagne !

C’est sûr qu’on va l’ouvrir ce champagne, Anne !

* Note 1 : Anne nous montre bien ici qu’il faut toujours écouter son INTUITION et ne pas faire aveuglément confiance aux médecins. Si vous sentez qu’ils ont tort, alors soyez acteur, comme Anne, et trouvez quelqu’un en face qui vous écoute vraiment.

* Note 2 :Le médicament dont Anne parle ici est un mélange de bicarbonate de soude et de KEAL (anti-ulcéreux) prescrit par l’oncologue et à faire préparer en pharmacie. J’ai scrupuleusement fait ces bains de bouche pendant toute la chimio, et c’est très efficace.

* Note 3 : Concernant les paresthésies (sensation de fourmillements et de picotements dans les mains et les pieds), j’ai personnellement suivi un traitement alternatif afin de les éviter durant le TAXOL et ça a très bien fonctionné, je n’ai RIEN eu à ce niveau – acupuncture, homéopathie – (voir article ICI).

* Note 4 : L’expérience de Anne montre bien que les médecins n’ont pas forcément la science infuse. Eux aussi peuvent se tromper, même quand ils sont formidables et tout et tout. La méditation, les compléments alimentaires, l’alimentation, la relaxation, etc. Il y a tellement d’outils à notre disposition !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *